•   Ce lundi, le vicomte de boisjoly conviait le gratin au dîner de la Saint Sylvestre en son studio château. Récit du festin :

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    Toast au kir royal

      Je dédie ce billet à la Shadow cloak de Samantha Pleet devant laquelle j'ai évaporé quelques décilitres de salive ces dernières années. Et comme elle vient d'être ressortie en tissu vert à chevrons j'en ai profité pour en étudier la coupe, car tout le mystère du manteau-cape réside dans son ampleur et sa résorption du volume aux épaules. Sentant monter la bulle de champagne, je suis passée en phase ratissage des internets, d'où j'ai rattrapé une autre de ces cape-manteaux sans découpe raglan qui s'approchait de près de l'effet désiré.

    Petit papa Saltiel

    Modèle Samantha Pleet / Modèle inconnu trouvé sur pinterest

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    Déclinaison d'amuse-bouches

      J'ai déjà quelques vêtements capiformes à mon actif  : la transformation concluante d'un trench à emmanchures raglan m'avait montré qu'une cape classique, c'est invivable ; celle-ci, sur laquelle je m'étais bien cassée la tête en modifiant un patron burda mais qui n'était ni assez chaude, ni assez bien finie pour que je la porte vraiment et puisse juger si son encombrement au quotidien était ok ou non. Cet hybride signé burda a été très peu porté car heu, non, les grandes manches c'est pas pratique, puis recyclé dans une robe régulièrement portée. Enfin ce trenchoïde à voilure également signé burda en coton enduit puant n'était pas doublé donc inutile en dessous de 10°C, et le tissu n'était même pas imperméable...

      Pendant qu'on y est, tata Biquette va vous compléter le panorama de ses leçons de vie en matière de manteau.
    ◊ Ce trench burda est de coupe recommandable, mais je l'ai insuffisamment entoilé et il n'était pas bien épais non plus. De plus, la doublure semble tirailler.
    ◊ Cette veste burda m'a appris la traitrise des doublures coupées trop petites, et la mortification d'un col contrastant qui se retrouve asymétrique on ne sait comment.
    ◊ Ce manteau inaugural inspiré d'un modèle Topshop a été peu porté car boudinant le bras et assez voyant mais les finitions ne m'ont pas l'air trop vilaines. Il ne me semble pas l'avoir entoilé, heureusement la coupe canon et l'épaisseur du tissu s'y prêtaient.

      Et pour les plus portés :
    ◊ le duffle coat Colette dont l'épaisseur est bien agréable, mais qui souffre d'un manque de couvrant sur les cuisses et à l'avant de la capuche, et d'un recouvrement un peu juste des devants. Il m'a appris le délice de larges poches accessibles.

    ◊ La veste burda en velours sur laquelle j'ai fait beaucoup de couture à la main souffre d'un manque d'ajustement à l'épaule (sensation d'épaule bloquée devant), mais son épaisseur et son confort, auxquels la doublure satinée et épaisse contribue, en font un de mes habits les plus portés.

      Ces jalons m'ont cumulativement enseigné l'importance d'une doublure soigneusement choisie et dotée d'une aisance suffisante, d'un entoilage généreux aux points névralgiques, d'un repassage patient et appuyé, et d'une bonne stabilisation des bords du manteau à ses parementures.

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    Entrée en matière

      Après considérations, les caractéristiques de cette future cape ont été définies :
    - comme sur les modèles présentés, la cape arriverait sous le genou.
    - cette cape serait greffée à un corps de manteau sans manches un peu plus court.
    - ce manteau serait légèrement cintré pour être portable sans ceinture, et qu'une ceinture puisse apporter quelque chose aussi sans ramasser trop de tissu. Il comporterait deux fentes en bas du dos. Les entournures seraient suffisamment larges pour permettre le port de manches kimono (exploitons l'avantage d'un manteau sans manche). Il sera muni de poches profondes externes sur le devant du corps. Son encolure serait près de la base du cou, nue ou à col simple.
    - la cape doit former quelques plis autour du corps afin que l'écartement des coudes reste confortable, mais pas plus pour éviter un excès de poids mort. Ce poids doit être réparti équitablement entre le dos et le devant afin de ne pas provoquer de bascule du manteau dans le dos. Découpée en une pièce, elle dessinerait un large empiècement arrondi autour de l'encolure et l'excès de tissu aux épaules serait absorbé dans des fronces. Le haut de la cape sous la couture du devant sera joignable au corps jusqu'à l'emplacement de la poche par une fermeture à glissière prise dans la couture, pour diminuer sa prise au vent. Une petite poche interne sur chaque devant de la cape permettra de maintenir les pans de celle-ci en restant les mains au chaud.
    - elle serait coupée dans un lainage assez souple pour permettre les fronces et un beau tombé, mais suffisamment dense pour couper le vent, de couleur anthracite/bleu foncé/marron, éventuellement à motif discret, son poids total avec doublure et entoilage ne dépasserait pas 1.5kg. La surface de tissu nécessaire étant de 3m2, le poids maximal du tissu serait 600g/ml ou 400g/m2.

      Je me suis mise au travail de modélisme en me basant sur le patron Burda pour l'ampleur de la cape, que j'ai finalement conservée. Le corps du manteau a été fait à l'instinct en gardant seulement la pente des épaules de la cape et le droit-fil. Genre, carrément.

    Petit papa Saltiel

    Toile 2 en lainage très souple

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    Baklava de renard à la forestière

      La confection de deux toiles ayant suffi à valider cette liste au père Noël, c'est après m'être assurée que rien ne me plaisait chez Sacrés Coupons (boh, si, l'était pas mal le petit cachemire biface marine/bordeaux, mais trop épais) que munie de mon cochon rose king size et non sans avoir sollicité la présence d'une dame de compagnie des plus avisées, j'ai franchi le seuil de Lafayette Saltiel Drapiers, pourvoyeur de fournitures tailleur sehr qualitativ du Sentier. Il vaut mieux s'y rendre en ayant une idée suffisamment bien définie de ce que l'on veut, car si on ne vous pressera pas, le prix reste très dissuasif vis-à-vis des erreurs de casting.

      Les tissus à manteau n'étant pas si nombreux, on a commencé à me présenter des tissus adéquats au projet dans diverses liasses ; pourtant après un dernier passage en revue du rayonnage, j'ai fini par débusquer un carreau fenêtre dans la gamme Heritage flannel de Fox Brothers en marron désaturé assez foncé (en faible luminosité on jurerait un gris) à 480g/m, une flanelle épaisse 100% laine d'agneau mérinos. J'en ai pris 4m, et petit papa Saltiel m'a offert les 50cm restants parce que je suis une blogueuse influente le père Noël existe. Ah, si tu vas avoir froid, c'est un peu à cause de moi.

    Petit papa Saltiel

      Une fois rentrée, délestée pour de bon de ce dilemme matérialiste qui consiste à choisir de gâter ses proches à Noël ou non, le premier test auquel j'ai soumis le coupon à été la réponse à la fronce. Puis j'ai peaufiné le patron, construit un col sans pied apte à la couverture de gorge, confectionné une pièce d'étude pour les poches à rabat. J'ai également procédé à une session palpation de tout ce qui ressemblait à un manteau au Bon marché pour estimer leur tenue et mater l'assemblage des doublures aux devants. 

      Puis vint le moment de la coupe. Interrogations sur l'existence d'une loi martiale qui empêcherait de choisir d'orienter le droit fil dans le sens de la laize avec un carreau horizontal. Car dans le sens de la longueur je trouve le carreau triste (ça fait station Concorde ou Bréguet-Sabin), et plus léger orienté horizontalement. On pourrait d'ailleurs penser que ces carreaux, pas spécialement désirés à l'origine, constitueraient une source de difficulté supplémentaire : ils se sont au contraire révélés être de précieux alliés pour objectiver une étoffe qui vrille ou se détend et corriger le tir.

      Je n'ai pas décati le tissu, dans le sens où ce n'est qu'après découpe des pièces que j'ai tout passé à la vapeur.

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    accompagné de :

    Fondue de thermocollant

      Ce n'est pas très facile de trouver de la documentation sur l'entoilage des manteaux, notamment la réponse à la question : où c'est-y que t'entoiles et pourquoi ? Quelque indice tout de même dans le tome 4 des détails de mode à la loupe même si niveau justifications je reste sur ma faim, voire sur les pages 206-207 du modélisme vêtement masculin d'Esmod mais #ouçonléssoustitr??? 

    Petit papa Saltiel

      Pondérant ces indications par mes précédentes expériences, j'y suis allée généreusement sur le thermocollant (Vlieseline G740), préférant me retrouver avec un manteau un peu guindé qu'avec un mollard portable.

    Tranches de pilou pochées

      Les fonds de poche sont en coton moelleux. L'ajustement de l'emplacement des rabats décoratifs a été coton également puisqu'il fallait jouer avec les carreaux et le roulé conséquent dû à l'épaisseur du tissu et à la technique de montage. Si bien qu'à plat elles sont parfaites, mais portées, la courbure du corps occasionne un surplus de la partie de dessous qui gondole un peu. Je penserai à décrocher l'ouverture de poche une prochaine fois.

    Lasagnes de fermeture à glissière

      Les fermetures métalliques YKK viennent de la mercerie du marché St Pierre. J'en avais d'abord acheté à Fil 2000, mais le glissement du curseur n'était pas assez fluide. Là au moins j'ai su pourquoi je payais plus :  zouipage/dézouipage rapide et sans accroc par la main ipsilatérale. J'ai fait le choix esthétique du zéro piqure visible à l'exception de l'accroche de la cape sur les épaules. Le ruban médial a été pris en sandwich dans la pince du devant après force bâti, et le ruban latéral fixé sur la cape.

    Petit papa Saltiel

    Vols aux vents (with gravy)

      Deux fentes dos de 20cm permettent une marche aisée. La phase préparatoire d'alignement des bords par un bâti a été la plus fastidieuse puisque même thermocollé, le lainage avait tendance à se détendre.

    Parementures glacées

      J'ai glacé toutes les parementures par un point de chausson à 1-2cm du bord, à l'exception de la zone des boutonnières sur le devant droit où c'est moins utile, et suis très satisfaite du rendu.

    Petit papa Saltiel

    Doublure tatin (servie tiède)

      Pour doubler le manteau, j'ai terminé le coupon de soie/coton utilisé pour la blouse Carme, quitte à privilégier la chaleur au glissant. Après assemblage de la doublure, j'ai commencé à la monter à la machine aux fentes dos, au bas du dos, puis aux entournures et au bas des côtés, et ai achevé sa fixation sur le haut à la main.

    Petit papa Saltiel

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    Cape non farcie et sa garniture d'émincé de biais

      Comme il fallait que la cape soit assemblée avant de terminer la pose de la doublure, sa zone d'assemblage à été garnie de biais en doublure (une sacré chance que les couleurs concordassent !) fixé à la main et deux fils de fronces ont été posés. Eh oui, seulement deux et tout s'est bien passé. C'est-y pas beau ?

    Petit papa Saltiel

    Petit papa Saltiel

    Expérience du luxe : j'ai été littéralement payée à coudre l'intégralité de ce biais à la main.

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    Trou normand

        L'éventualité de poches situées sur la partie interne de la cape a été abandonnée après essai : cela tirait le tissu d'une vilaine façon.
    J'ai aussi confectionné une ceinture pour voir. Qui pourra être portée. Ou non. C'est selon.

    Petit papa Saltiel

    Ma fibre parisienne a tranché : ce sera sans ceinture

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    Plateau de fromages odorants

      J'ai du m'y prendre à plusieurs reprises pour caler la forme et le placement du col. Au premier essayage avec col, la cape basculait horriblement vers l'arrière, comme si mon combo carrure devant large/dos plat me jouait encore des tours. Un creusement de l'encolure dos d'1cm, qui m'a obligée à couper un deuxième col, puis un troisième car il était trop court, a heureusement été suffisant pour régler le problème. Subsiste un doute : cela n'aurait-il pas été plus joli avec le col un peu plus long, plus large, et l'encolure moins échancrée ?

      Je suis un peu mitigée quant à ces devants entièrement entoilés. Même après correction de l'encolure, ils tombaient bizarrement et je me suis alors aperçue (là encore, vive les carreaux) que même sans bourriner j'avais progressivement étiré le tissu le long du pli si bien qu'il s'était détendu de quasiment 2cm ! J'ai globalement fait rentrer les choses dans l'ordre à coup de vapeur en ragroumillant le tissu puis en laissant reposer.

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    Bûche bien roulée et son décor féérique

      Maintenant que je vous ai bien gavé de mots, les photos !

    Petit papa Saltiel

       Elle pèse 1,4kg, répartis de manière équilibrée, aucun problème de bascule à la marche.

    Petit papa Saltiel

      J'ai visé un peu juste pour l'ampleur aux hanches et à la poitrine/carrure devant. Au moins y a zéro courant d'air entre le manteau et le reste.

    Petit papa Saltiel

    L'ampleur de la cape est parfaite.

    Petit papa Saltiel

    Avec les mains dans les poches, ça fait tout de même bombance entre B4 et B5.
    Installerait-on une petite pression là-dessous ?

    Petit papa Saltiel

    L'emplacement des poches, suffisamment basses et latérales, est parfait également.

        J'ai commencé à la porter dehors : passé la première impression qu'il me manquait juste un bruit de respirateur pour me rendre à une convention Star Wars, je m'y suis habituée. Les fermetures sont réellement pratiques, et le plus délicat reste de caler le châle pour ne pas avoir froid au cou. Serait-elle chaude ? Eh bien oui parfait pour le buste, mais pour les bras, il faudrait que la cape soit doublée d'un matériau moumouto-poilu au moins sur le long du bras côté/devant pour être tout à fait douillette.
    Je ne sais pas encore comment elle réagit à la pluie.

    Petit papa Saltiel
    En mode hamster

      J'avais hésité à raccourcir un peu la cape, sur photos je la trouve équilibrée telle quelle.

    Petit papa Saltiel

    Couture floue, le retour

      En résumé : Heureusement, il n'y a pas de point raté, le programme a été respecté sans déception majeure. A part ces devants dodelinants et la doublure faiblement glissante qui les fait tressauter en marche, ce vêtement pêche moins par la technique que par le patronnage de la partie manteau : si je retourne dans le passé, je penserai à faire un peu plus de place à la carrure devant et la poitrine, décoller la poche du corps, être un peu plus généreuse pour les hanches pour ne pas que ça tiraille dès que j'ai les mains dans les poches, éventuellement col plus large et plus long sur une encolure moins échancrée.

      Par contre les tissus qui dans la réalité ne sont jamais droits même quand ils sortent de chez le marchand et qui s'étirent pendant le travail, c'est en train de devenir mon vertige et ma flippe.

    Petit papa Saltiel

    Par exemple le milieu dos part d'abord un peu à gauche puis oblique à droite

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    Distribution des reliefs de table aux bonnes œuvres de la vicomtesse

      Car avec les rogatons, orientés dans le sens vertical, on devrait pouvoir s'occuper de Monsieur (c'est son cadeau de Noël virtuel alors y a intérêt que ça rentre).

    Caperice

    Il a la coupe. Il aura la veste.


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  •   Le traditionnel concours automnal de Thread & Needles, Double-fil, porte cet année sur la combinaison de différentes techniques du fil, et je me suis décidée 2 semaines avant sa clôture aujourd'hui à composer un vêtement d'après ce thème.

      Pour ce projet précis j'ai d'abord trouvé les matières en butinant parmi les restes et les coupons dormants, et décidé des techniques à employer avant de réfléchir à la manière de les agencer au sein d'un vêtement.

    Double fil

    Ont été employés :
    - un coupon de soie violette lamée de fils argentés (Bennytex)
    - un coupon de voile de soie/coton vert pour la doublure (Sacrés Coupons)
    - du molleton soja/coton (Vlieseline)
    - 2,5 pelotes d'Alpaga coloris 3969 (Drops), soit environ 400m
    - 50 mètres de Canopy fingering coloris Sumac (The Fibre Company)
    - du fil polyester (?)
    - 6 grosses pressions (Prym)

      Restait à choisir le type de vêtement ; il a suffit que je fasse quelques jupes concluantes pour m'apercevoir que j'aimais bien en porter l'hiver et que j'aimerais avoir plus de choix dans mon armoire de ce côté là. Qu'à cela ne tienne ! D'autant que j'avais une toile de jupe en cours sur laquelle tenter une variation en la raccourcissant et en la divisant en quatre panneaux molletonnés, avec une fermeture à pont sur le devant. Le bas de la jupe serait complété par un tube de tricot à point décoratif.

      Parce que ça commençait à être frustrant de feuilleter ces livres de points de tricot sans avoir de projet auquel les intégrer. Le violet du coloris 3969 étant parsemé de flammes roses exactement de la couleur de mon autre fil, je tenais à trouver un point bicolore ! Celui choisi est le "petit treillis matelessé", 170ème du livre "250 points de Tricot pas à pas" aux éditions Marabout, en aiguille 3,5 avec le fil violet en double. Il m'a appris l'expression "maille soulevée", que j'ai en retour appris à mamie Gougueule qui ne connaissait visiblement pas, elle qui est toujours là pour la ramener d'habitude. J'ai terminée par une (trop) petite bande de point de riz puis un rabattage élastique pour côtes 1/1 (méthode que j'ai enfin comprise et assimilée durablement grâce à ceci) dont la qualification d'élastique n'est pas usurpée. J'avais monté 240 mailles un peu à l'aveuglette après échantillon, ça a été mais il n'en fallait pas moins.

    Double fil

      Après une toile de validation de l'évasement de la jupe pour qu'elle corresponde bien à la largeur du tricot terminé, j'ai procédé à la coupe et au montage des quatre panneaux, en choisissant finalement de ne mettre qu'une épaisseur de molleton à l'intérieur. Les piqures décoratives dont l'orientation fait écho au pull Hazel Bank ont été faites à la machine, mais ensuite toutes les finitions du biais et l'assemblage invisible des panneaux et du tricot ont été exécutés à la main !

    Double fil

      Il me restait 24h pour tester la ouérabilité de la chose (une des conditions du concours), et à ma grande surprise, le picotement de l'alpaga est très peu ressenti avec collant opaque pas si épais alors qu'il était nettement présent en cours de tricot. En fait, cela gratte surtout quand je pose qqch sur mes genoux, alors qu'en contact sans pression ou même sous mes cuisses quand je suis assise le piquant est quasi imperceptible. Je la présente donc sans repassage après une journée de port dont quelques heures ramassée sur le canapé d'où les légers plis horizontaux devant et sur la queue derrière.

    Double fil

    Double fil

    Double fil

    Double fil

    Double fil

    La vie, la vraie

      Je laisse à la discrétion du public le soin d'évaluer si mettre du tissu vivement coloré et brillant sur la partie la plus charnue de mon anatomie était une bonne initiative. Pour ma part, techniquement je suis très contente du résultat et ne pense pas que j'aurais pu faire mieux. Esthétiquement par contre, je ne suis pas complètement satisfaite du dessin des panneaux, c-à-d que je suis contente mais pas opposée à tester des alternatives. Si j'avais eu plus de temps, j'aurais aussi testé l'ajout de poches sous le pont.

    Double fil

      Elle est très confortable, peut-être 1-2cm trop grande à la taille (j'ai un peu flippé pendant le matelassage et ai légèrement rogné sur les marges plutôt que de prendre le risque de me sentir comme un bibendum à la fin), chaude sans être bouillante, et sa stabilité à la marche est excellente. Aurais-je souvent envie de la porter ? Eh bien je n'en ai aucune idée !

    Double fil

    Par contre j'ai enfin trouvé mon style : fruit des bois !


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  •   Je n'ai pas attendu longtemps avant de faire un sort au coupon cadeau de la dernière fois, avec lequel je projetais un jean sans aisance négative se rapprochant de cette promoderie qui a accompagné mes études supérieures.

    Jean vert sapin

      Le jean est légèrement stretch, et tel qu'on le voit sur la photo en capacité maximale : il reste portable mais on ne peut plus accueillir personne à bord ! Il est moulant jusqu'en bas de la cuisse sans rentrer dans les fesses puisqu'il a bien été travaillé à mes formes.

      Le jean commandé est un peu plus stretch que celui-ci, 350g/m2, 2% d'élasthanne, 25% d'élasticité au max, je peux donc opter pour une coupe près du corps. Mais quelle coupe exactement ? Partir à l'aveuglette sur un jean Burda non stretch (le 120 d'avril 2010) ? Un jean Burda stretch (le 116 de mai 2011) ? Le jean bootcut de 1083 ? Reprendre le Safran ? Me baser sur la dernière esquisse de mon pantalon droit ? Reporter les cotes de ce jean adoubé par mon séant ?

      Eh ben moi j'ai dit comme sainte Thérèse, je choisis tout (ma mère me lit, donc je parle de sainte Thérèse si je veux, ok ?). Pour y voir plus clair, j'ai donc tout reporté sur une feuille en gardant le droit fil en commun. Finalement, je me suis basée sur les cotes du jean réel en agrandissant un peu les côtés du bassin et la fourche dos, et en réhaussant la taille de 2cm. Il y avait tout de même quelque chose d'étrange après report des cotes : la fourche dos était trèèès longue par rapport à tous les patrons témoins. J'ai mis ça sur le compte de l'étirement dû au port, et je l'ai réduite de 3cm sur mon patron.

    Simple dames

      Après dessin des ceintures, hausse dos et poches devant, j'ai découpé le tissu sans avoir à franchir la ligne de démarcation... sauf pour les poches dos que j'avais oubliées. Elle sont un peu plus petites que ce que j'aurais souhaité et porteuses de la décoloration en plein milieu. Que faire de cela ? Une broderie qui repasse par dessus ? Carrément une broderie de court de tennis ? Avec un tissu stretch, bof. Toujours est-il qu'au moment de les poser, je n'étais toujours pas inspirée et ne souhaitais qu'en avoir terminé avant la fin de la journée, donc j'ai fait un épi à deux chevrons en hommage à un citron bio décédé quelques heures auparavant d'une roulade malencontreuse dans la cage d'ascenseur.

    Simple dames

      J'ai suivi le mode opératoire des Petits Boudins en testant une variante pour le bas de la braguette, posé un bouton a jean, cousu tous les passants à la main...
      Au premier essayage tant attendu avant pose de la ceinture le sourire timide du plombier était au rendez-vous...avec un excès de tissu modéré en bas de la fourche dos, que j'ai alors creusée d'1cm avant de réaliser la couture rabattue. J'ai détendu l'entrejambe dos d'1cm.
      

    Simple dames

    Là, c'est juste après la finition du jean.

    Simple dames

    Et là, après une semaine de port.

      Il y a donc toujours ce PUTAIN de pli sous la fesse...

      Et en pose Kardashian évidemment tout va bien, pas l'ombre d'un problème...

    Simple dames

    En bonus un morceau de Monsieur impavide.

      En cherchant les pantalons qui présentaient les défauts du mien afin de monter un groupe de parole imaginaire, grâce au code #gingerjeans sur Instagram qui vous ramènera pas moins de 10000 clichés, témoignant d'un effet Matthieu dont je me réjouis ici de la portée instructive, je suis tombée sur ces gens- . Le diagnostic de fesses basses et un peu plates me semble inéluctable, à ajouter aux cuisses fortes (selon les barèmes en vigueur, elles font du 45...) et au large bassin qui ne faisaient déjà aucun doute.

      Les points à corriger ultérieurement :
    Devant : Il y a un peu trop de matière de chaque côté du pubis.
    Dos : le milieu de la ceinture est trop tiré vers le bas, l'enfourchure serait à augmenter même si elle s'est déjà détendue de 2cm en une semaine. Ça tombe bien, car je compte procéder aux mêmes ajustements que pour mon pantalon droit : creuser le bas de l'enfourchure, verticaliser sa branche droite, et agrandir les côtés.

      Pour finir, encore quelques photos en tenue monochrome du jour inspiration Frederico x Géant Vert avec une toile de Cassoulet en coton mou. Prises sans spécialement réajuster le pantalon et avec la ceinture à un cran suffisamment confortable en position assise, j'ai environ 1cm d'aisance positive aux cuisses et de chaque côté du bassin, et 3cm à l'enfourchure ce qui au porté me donne l'impression que je viens de perdre 3kg.

    Simple dames

    Simple dames

      J'ai pourtant décidé de ne pas retoucher ce pantalon pour le moment, notamment à cause des coutures rabattues et surpiquées, et parce que je n'ai pas non plus l'impression de commettre un crime contre l'œil humain en le portant. La hâte de trouver un nouveau tissu jean un peu stretch pour tester les modifications nécessaires me démange à nouveau, mais j'ai décidé de revoir le patron de Qu'Est-Ce Que Tu Vends Pour Les Vacances avant les vacances, donc la prochaine fois ça causera plutôt buste et poitrine...


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  •   Qui dit printemps dit retour de Charline et de ses tenues de danse. Depuis le temps qu'il est question de celle-ci, je suis bien contente de pouvoir rendre compte du résultat. La demande était un ensemble chemisier + jupe au look modérément vintage pour aller danser le lindy hop. Et qui devait tomber juste du premier coup puisque nous nous voyons rarement.

    Le chemisier : J'ai modifié Fit But You Know It en taille 40 (elle taille 38 mais le but est de pouvoir bouger les bras dans tous les sens) en faisant passer la pince de poitrine latérale dans des fronces d'épaule et procédé à un petit SBA des familles. J'ai ajouté de l'ampleur à la tête de manche, résorbée en fronces. La forme de l'empiècement d'épaule a été modifiée dans le dos afin d'épouser le format de la broderie. Enfin, le col a été abaissé de 3cm (je le trouve d'ailleurs un peu trop haut sur la version originale) et prolongé tant que le tissu le permettait pour obtenir une mini lavallière.

    Danse

      Je suis très contente de ce chemisier parce qu'il m'a permis d'utiliser une nappe brodée en coton récupérée chez Guerrisol il y a fort longtemps, teinte au thé il y a fort longtemps, déteinte à l'eau oxygénée sur des taches persistantes avec un résultat catastrophique il y a fort longtemps et squattant donc le stock depuis fort longtemps (l'espoir fait vivre, la preuve je suis encore là). Je me suis donc décarcassée pour découper des morceaux mettant en valeur les broderies champêtres (dites bonjour à la nouille qui n'a pas pensé à faire une photo de la nappe avant découpage), et compléter le reste dans de menues chutes de chambray safran et lange coordonné des Trouvailles d'Amandine.

    La jupe : a failli être une Madeleine de Victory mais je n'avais pas de tissu s'y prêtant. C'est après avoir terminé le chemisier que je me suis souvenue receler dans un coin de tiroir une jupe en sergé de viscose achetée chez Emmaus l'an dernier à cause de sa teinte (j'ai envie d'un pantalon exactement de cette couleur tabac depuis des lustres) et de ses découpes (moulante en haut, évasée vers le genou), compatible avec ce haut.

    Pas de deux

      Pour permettre à l'évasement de débuter plus haut et accentuer la pente entre la taille et les hanches pour m'adapter à la morphologie de Charline, j'ai enlevé 5 cm en haut de la jupe, repris le haut des seules coutures n'étant pas surpiquées soit celles de côté, et fini en petit ourlet double la ceinture sans me servir de la parementure originale alors en piteux état.

    Pas de deux

      A l'essayage, bon sang, j'ai cru que la jupe allait glisser par terre (faut savoir que sur mon mannequin démailloté qui fait un petit 40 la jupe fermait à peine...), je ne suis plus accoutumée au porter taille basse ! Visiblement tout est nickel pour l'amplitude des mouvements. La jupe couvre tout juste le genou sans que la fente milieu devant devienne gênante...

      Danse

    Danse

      Fin de l'histoire et début de la prochaine : une semaine après, un biscrok m'arrivait par voie postale : une fin de rouleau de sergé vert sapin stretch de chez Strâââgier dans lequel devrait tout juste rentrer un jean bootcut. Après lavage et repassage du coupon, c'est assurément un vert "Wimbledon", je ne sais qui l'emportera de la fesse gauche ou de la droite...

    Pas de deux


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  •   Un jour en 2010, j'ai reçu un cabas Reisenthel chez mes parents. Je ne l'avais pas commandé, je ne savais pas de qui ça venait, ça n'était pas mon anniversaire et pourtant le colis était à mon nom. Il était pratique, pas moche, j'ai commencé à l'utiliser. C'est plus tard que j'ai compris qu'il s'agissait d'un cadeau dû à l'abonnement Burda offert au Noël précédent. Comme c'est intéressant. Huit ans et de nombreuses heures de service après, ce sac n'est plus que l'ombre de lui-même, et encore, la lumière passe tellement bien à travers le tissu usé et départi de son enduction que parler d'ombre semble exagéré.

    C'est dans le sac !

      Les trous aux quatre coins de la sole devenaient trop grands, je perdais des stylos, les gens commençaient à me donner leurs pièces rouges spontanément, bref, il fallait agir.
      Les sacs à main n'étant pas ma grande passion, mais la couture l'étant, et commençant à avoir une petite idée de ce que j'attendais de mon futur sac au vu de l'usage fait du précédent et des défauts de ce dernier, j'ai commencé à rassembler mes idées.

      On commence par les caractéristiques fonctionnelles :
    - un petit volume à la base pour rester maître de l'encombrement occasionné quand le sac est plein (utile dans un métro bondé ou un magasin à faible surface de circulation), mais suffisant pour accueillir mes barquettes à bouftance, une écharpe, voire 2-3 courses : ici 11x26cm
    - s'affaissant peu sur lui-même : utilisation d'un tissu ferme ou renforcé par un thermocollant adapté
    - pouvant contenir un grand livre ou des revues : hauteur de 33cm
    - avec une poche interne zippée de volume suffisant pour contenir : téléphone portable, porte-cartes, porte-monnaie, clés, baume à lèvres.
    - avec une poche externe pouvant accueillir un livre de poche ou un journal, et une autre pour le pass navigo.
    - un porté cabas convertible en sac à dos (ça commence à ressembler à un programme de gauche)
    - un porté main possible bras ballant sans que le sac touche terre
    - facilement nettoyable

      Après quelques esquisses, j'ai dessiné les deux grands côtés du sac en taille réelle pour me faire une idée de l'harmonie du tout et des cotes des pièces.

    C'est dans le sac !

    Compacité et graphisme : les maîtres-mots du projet

      Je ne sais plus exactement comment j'ai envisagé le coton huilé comme matériau, probablement parce que je cherchais l'inspiration pour mêler plusieurs teintes du côté des Rucksäcke (ouais c'est de l'allemand), toujours est-il qu'en fin d'année dernière j'ai commandé des échantillons chez Merchant & Mills, dont le branding m'avait jusque là tenue à une distance respectable de leurs produits, de sorte que j'étais passée à côté de leur sélection de tissus. Sélection cohérente au demeurant, l'orientation rustique laissant la part belle aux effets de tissage (les lainages valent le détour, et j'ai profité de la générosité du bon ami pour ajouter un coupon de lin bleu destiné à une robe dans le cabas).

      Deux types de coton cirés y sont vendus : oilskin et dry oilskin, ce dernier étant moins imperméable mais non sujet au transfert de graisse sur les tissus adjacents. Les coloris sont parfois disponibles dans les deux variantes, parfois non. Au départ partie sur l'idée d'un sac bleu marine souligné de marron clair #boringbutsoparisian, je me suis reportée sur le vert prairie, parce que zut j'aime la couleur et que les deux vont particulièrement bien ensemble. Le marron clair est le coloris antique. On a pu le voir utilisé pour une veste chez Jolies Bobines ou Pauline Alice.

    C'est dans le sac !

    Aaah, le bon sac à sa mémère qui ne s'écrase pas comme une merde dès qu'il est posé quelque part !

      La fiche produit nous informe de la fibre 100% coton, mais j'aurais bien aimé connaître également la composition de la cire l'enduisant afin de procéder à l'entretien ultérieur de la chose. J'en profite pour mettre en pense-bête deux articles sur la fabrication de cire imperméabilisante maison et l'entretien de ce type de tissu.

      A température ambiante le tissu n'est pas suintant, mais il se met à transpirer après passage du fer au minimum de température, mieux vaut placer plusieurs épaisseurs de tissu entre la table à repasser et le tissu. La prochaine fois l'utilisation d'une pattemouille entre le coton huilé et le fer ne sera pas de trop non plus, parce qu'après nettoyage de la semelle, une forte odeur de crayon de cire se dégage encore lors d'utilisation à forte température... J'espère donc ne pas avoir de mauvaise surprise de transfert de gras du sac à ma veste au bout d'un moment. Tout retour d'expérience sur ce sujet est le bienvenu !
      A froid, ce tissu présente des marques claires là où il a été plié ou pressé, ce qui lui donne un aspect velouté. C'est très amusant de dessiner le contour des pièces rien qu'en faisant pression sur le tissu avec un petit objet dont on ne s'est pas assez servi cet hiver.

    C'est dans le sac !

      J'ai mis un moment avant de passer à la fabrication, mais une fois les premiers morceaux coupés tout s'est enchainé rapidement au point que je n'ai pas pris la peine de faire du réassort de fils arrivée au bout des bobines entamées, il y a donc 3 coloris de fils différents sur ce sac mais ça ne se remarque pas spécialement. Je suis contente des décisions prises en cours de montage (la poche banane, c'est de l'impro). Il y a eu des moments un peu galère : fabriquer des attaches de même format, gérer la couture du biais dans les arrondis du bas de sac, et surtout finir à la main ce même biais en haut du sac, quand on a une dizaine d'épaisseurs à perforer et que l'aiguille glisse !

    C'est dans le sac !

    En mode sac à dos

    C'est dans le sac !

    C'est dans le sac !

    C'est dans le sac !

      Testé cette semaine, ce sac s'est révélé combler mes attentes. La conversion en sac à dos s'avère très pratique en balade, le petit format rendant l'absence de rembourrage des bretelles peu gênante. Tant mieux, car rapidement, en porté épaule les anses ont tendances à glisser bien que le tissu en lui-même ne soit pas particulièrement glissant. Détail principalement responsable de mon peu d'amour pour les sacs. Tout dans les poches, telle serait ma devise si c'était possible !

    C'est dans le sac !

    C'est dans le sac !

      PS : C'est dimanche, profitons-en pour lire un article instructif et rigolo pour les nulles en sac à main chez Stelda.


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